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Soutenance de doctorat au ROCARE Togo

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Le ROCARE Togo a le plaisir d’annoncer aux membres du réseau que le lundi 17 mars dernier, un de ses membres, M. KOSSI Dodzi Sénamé, a soutenu brillamment sa thèse de doctorat unique en sociologie du développement sur le thème : "La responsabilité sociale des entreprises extractives de minerais face aux enjeux du développement durable en Afrique : l’expérience des industries de phosphate et de clinker au Togo". Le travail a été très apprécié par les membres du jury qui ont décerné à l’impétrant, la mention TRÈS HONORABLE AVEC FÉLICITATIONS DU JURY.

Le ROCARE Togo réitère ses vives félicitations au Dr. KOSSI et lui souhaite pleins succès dans sa carrière.


Sujet de thèse pour le doctorat unique en sociologie

La responsabilité sociale des entreprises extractives de minerais face aux enjeux du développement durable en Afrique : l’expérience des industries de phosphate et de clinker au Togo

RÉSUMÉ

Dans de nombreux pays africains, les recettes provenant des ressources minières s’associent à la pauvreté, d’où l’expression « malédiction des ressources naturelles ». Au Togo, les industries extractives constituent un maillon important du paysage économique national. Mais dérogent-elles au phénomène de paradoxe de l’abondance ? Quels sont les facteurs qui expliquent leur participation marginale au processus de développement durable du pays ?

À travers une analyse détaillée des enjeux et des dynamiques qui animent la régulation publique, la régulation civile et l’autorégulation des entreprises minières, la thèse a eu pour objectif de déterminer les facteurs qui influencent la participation des industries extractives au processus du développement durable au Togo.

Pour ce faire, la recherche a été inscrite dans une perspective théorique plurielle, notamment systémique, interactionniste, institutionnaliste et régulationniste. La démarche méthodologique est mixte et combine la recherche documentaire et les techniques de collecte quantitative et qualitative.

L’interprétation des données a été faite à la lumière des trois piliers du développement durable : l’efficacité financière, la responsabilité sociétale et la responsabilité environnementale.

Il ressort essentiellement que sur le plan économique, les industries extractives ne contribuent que très peu à l’économie nationale, en raison de leur caractère extraverti, des multiples incitatifs qui leur sont accordés et de leur mode de gouvernance peu enclin à la transparence et à la justice redistributive. Il n’existe pas de chaîne de valeurs permettant de transformer la richesse naturelle en moteur de développement durable.

Sur le plan social et environnemental, il est à relever que les multiples externalités négatives occasionnées, notamment les bouleversements des écosystèmes, la dégradation des sols cultivables, l’accaparement des terres entraînant une insécurité alimentaire, le déplacement des populations, l’impact des rejets de poussière et de fumée sur la santé humaine, etc., ne font l’objet d’aucune politique de gestion durable et efficace.

En définitive, il ressort une participation limitée des industries extractives au processus de développement durable. Plusieurs facteurs expliquent cette situation, notamment une régulation publique faible et défaillante, une absence ou faiblesse des institutions/instruments de régulation adaptés (Parlement, appareil judiciaire, Cour des Comptes, Conseil Economique et Social, code du travail du secteur minier, etc.), une autorégulation quasi-inexistante et une régulation civile réduite à néant au moyen de la violence politique. L’agrégation de ces facteurs avec un contexte politique, institutionnel et économique peu ancré dans les principes de démocratie et de bonne gouvernance, et un secteur extractif caractérisé par la présence d’acteurs mus par des logiques de maximisation de profit, voire de prédation, explique l’existence du phénomène de « malédiction des ressources » ou de « paradoxe de l’abondance » ou encore de « syndrome hollandais » au Togo.

C’est donc une forte régulation, conjuguée avec des institutions adaptées et une volonté partagée des acteurs visant à prendre en compte les valeurs de solidarité intragénérationnelle et intergénérationnelle qu’il faut pour transformer la malédiction des ressources en bénédiction.

Mots-clés : Développement durable, Entreprise, Environnement, Minerais, Régulation, Responsabilité sociale.

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