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RENTREE UNIVERSITAIRE AU ROCARE-TOGO : LEÇON INAUGURALE DU 22/ 04/ 16

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Le chapitre togolais du Réseau Ouest et Centre Africain de Recherche en Education (ROCARE-Togo) a tenu sa leçon inaugurale à l’Auditorium de l’Université de Lomé le vendredi 22 avril 2016. La rentrée solennelle a été dirigée par un panel composé d’un modérateur, d’un conférencier et d’un membre du Bureau du ROCARE-Togo. Plus de 130 participants de diverses disciplines et institutions dont trois membres du Secrétariat Exécutif du ROCARE basé à Bamako (le Responsable Administratif et Financier, la Responsable de Programmes et le Webmaster), le Coordonnateur National du ROCARE-Togo, les enseignants-chercheurs, les chercheurs, les doctorants et les étudiants en Master, y ont pris part. Elle s’est déroulée en deux grandes phases : la phase préliminaire et la phase de conférence.

La rentrée solennelle a débuté aux environs de 14 heures 45 minutes par des préliminaires : présentation du Panel et mots de bienvenue. Les panelistes sont : le Professeur YaoviAkakpo, Doyen de la Faculté des Sciences de l’Homme et de la Société (FSHS) de l’Université de Lomé et Président du Comité Scientifique National du ROCARE-Togo, conférencier ; le Dr. Edinam Kola, Maître de Conférences, Vice-Doyen dela FSHS de l’Université de Lomé, Coordinateur National Adjoint du ROCARE-Togo ; et le Professeur Komla MessanNubukpo, Doyen Honoraire de la Faculté des Lettres et Sciences Humaines de l’Université de Lomé, modérateur.

Le modérateur a souhaité la bienvenue aux participants à cette cérémonie officielle de rentrée universitaire et donné aussitôt la parole au Coordinateur National-Adjoint.

Prenant la parole, le Coordinateur National-Adjoint du ROCARE-Togo a, à son tour, souhaité la bienvenue aux participants et présenté le ROCARE à travers sa création, son but et ses actions en faveur de la recherche en éducation en Afrique de l’Ouest et du Centre. Il a insisté sur l’historique de cette institution créée depuis 1989 à Freetown et aujourd’hui présente dans 17 pays. Il a aussi présenté le Programme de Subventions pour la Recherche en Education (PSRE) qui a pour mission d’outiller les jeunes chercheurs, de la maîtrise des techniques de recherche en éducation. Le Dr. Edinam Kola a annoncé la série de formations à la recherche que la branche togolaise du ROCARE a programmée à donner aux jeunes chercheurs au cours des mois de mai, juin et septembre 2016. Après cette brève phase préliminaire, la voie a été ouverte pour la seconde phase, la leçon inaugurale.

La seconde phase de présentation ou de conférence porte sur le thème « Métier de chercheur et praxis intellectuelle ». Elle est structurée en deux sous-phases : l’exposé proprement dit et les débats.

L’exposé de la Conférence est présenté par le Professeur YaoviAkakpo du Département de Philosophie à l’Université de Lomé. Il a organisé sa présentation autour de trois grands axes : le rapport entre le métier de chercheur et la praxis intellectuelle ; l’ancrage du chercheur et la vérité en sciences littéraires, artistiques et sociales ; et la pratique de la politique sans parier contre la lucidité du sens : mission, compromission et démission.

Dans le premier axe, le communicateur s’est appuyé sur les travaux de Platon, Kant, Marx et Weber pour montrer la place accordée aux rapports entre le travail intellectuel et la praxis dans la littérature. Il souligne que ces rapports ont toujours marqué l’histoire des peuples (dont les peuples hébreux et africains). Les peuples ont toujours compté sur l’élite intellectuelle pour avoir de la mémoire, apprécier le présent et rêver de l’avenir.

Dans le deuxième axe, le conférencier affirme la réalité de l’influence de l’attache sociale du chercheur sur la pratique de la recherche dans les sciences littéraires, artistiques et sociales.

Dans le troisième axe, il relève que la réalité scientifique est souvent opposée à la réalité admise dans la société. Dans la pratique politique, la lumière de la science n’est pas en elle-même une direction d’action partagée. La mission et la praxis peuvent être corrompues. Dans cette compromission, l’intellectuel va au renoncement de l’éthique de la cohérence. L’intellectuel peut abdiquer ou reconsidérer sa mission.

L’exposé est suivi de l’étape de débats entre le panel, principalement le conférencier, et l’assistance. Les discussions sont organisées autour de deux centres d’intérêt : considérations conceptuelles autour de la décolonisation des réalités africaines et rapport entre la science et la société.
La question de la décolonisation des mots par rapport aux réalités africaines a eu une grande place dans les discussions. Les uns pensent que certains concepts européocentristes appliqués à l’Afrique sont à déconstruire. Il faut les africaniser et se les approprier. D’autres encore argumentent qu’il ne faut pas forcement tout changer. Il faut être réaliste et ne casser et reconstruire que ce qui doit l’être.

L’approche rapport science-société est analysée dans plusieurs dimensions. A la question de savoir si l’intellectuel est un bon modèle, il a été répondu qu’il n’est pas forcement un modèle. L’intellectuel n’est pas éthiquement supérieur aux autres. Il y a de bons intellectuels comme il y en a de mauvais, deux profils que nos intellectuels aussi présentent.

Le rapport science et société est examiné sous l’angle de la légitimation ou non légitimation. Il est à retenir que le conférencier a approfondi son analyse sur l’attitude du chercheur vis-à-vis de l’opinion abordée dans la présentation pour répondre à une question. La science n’a pas pour vocation de légitimer l’idéologie ou l’opinion que la société a sur des sujets. Elle remet en cause en permanence les valeurs sociales. Elle n’est pas une version améliorée de l’opinion. Sur ce, l’université ne doit pas former des bricoleurs mais des professionnels. Certes, l’idéologie influence la science, mais la science porte l’idéologie.

Le dernier angle de ce rapport entre le couple science-société, lié aux précédents, concerne l’attente de la société par rapport à la science. Les politiques et les acteurs sociaux définissent le profil de l’intellectuel dont ils ont besoin pour répondre à leurs attentes. L’intellectuel doit jouer le rôle d’éclaireur dans la société. Son rôle est bien défini. Il doit répondre à la demande et à la mission sociale. Cette seconde phase met fin aux discussions ayant suivi l’exposé.

Le Coordinateur national de ROCARE-Togo, Dr. Joseph Tsigbé, a déclaré closes les activités de la leçon inaugurale aux environs de 17 heures 10 minutes, après avoir donné des informations sur les prochaines activités de formations de la section nationale.

Lomé, le 22 avril 2016
Le Secrétaire de séance
Dr. Edinam Kola
Maître de Conférences, Coordonateur National-Adjoint du ROCARE-Togo

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