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LE ROCARE-TOGO PARTICIPE A LA TABLE-RONDE SUR LA QUALITE DE L’EDUCATION AU PRIMAIRE ET AU SECONDAIRE ET SES INCIDENCES SUR LE SUPERIEUR

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La Coalition nationale du Togo pour l’éducation pour tous (CNT/EPT) a organisé le mercredi 26 octobre 2016 à l’hôtel Agla de Lomé, une table-ronde sur le thème de « la qualité de l’éducation au primaire et au secondaire et ses incidences sur le supérieur » au Togo. Cette rencontre qui vise à élaborer une communication sur l’état des lieux des avancées et obstacles dans la réalisation du Plan sectoriel de l’éducation (PSE), a vu la participation des acteurs avisés du monde éducatif, composés des représentants du Ministère des enseignements primaires et secondaires et de la formation professionnelle (MEPSFP), des Directions régionales de l’éducation (DRE), des inspecteurs, des conseillers pédagogiques, des enseignants et leurs élèves, les parents d’élèves, les représentants d’ONG engagés pour la cause éducative, les enseignants-chercheurs de l’Université de Lomé, et les PTF. Le ROCARE-Togo a été représenté par M. Halourou MAMAN. Les échanges ont tourné essentiellement autour de trois axes : la gestion du temps scolaire et ses incidences sur le niveau d’acquisition des élèves, les faux frais dans les établissements et les grands projets en cours dans le système éducatif togolais et leur incidence.

1- La gestion du temps scolaire et ses incidences sur le niveau d’acquisition des élèves
Il est constaté au niveau des enseignements primaires et secondaires que les enseignants perdent assez de temps en n’honorant pas leurs volumes horaires statutaires. Une étude menée sur la question a conclu qu’au cours primaire, 2h 50 minutes sur les 5 h prévues sont perdues, soit la moitié du volume horaire journalier. Plusieurs occasions de perte de temps ont été identifiées :
-  Après la montée des couleurs, les enseignants se mettent par groupe de deux ou plus pour engager des discussions interminables ;
-  En classe, lorsque l’enseignant rentre le matin, il commence d’abord par raconter sa vie aux élèves au lieu de commencer le cours prévu ;
-  Après les récréations et les activités sportives, les élèves mettent beaucoup de temps, soit à regagner les classes, soit à se rhabiller pour se mettre dans des conditions d’étude ;
-  lorsque l’enseignant ne prépare pas bien son cours et le fait sur un temps plus long que prévu, c’est une perte de temps ;
-  les permissions interminables et répétées de certains enseignants sont aussi des occasions de perte de temps.

Dans tous ces cas ainsi identifiés, ce sont les élèves qui en sortent perdants par le fait qu’ils apprennent moins. Et cela agit sur la qualité de l’éducation reçue.
Pour remédier à cette situation qui n’est pas de nature à faire avancer la qualité de l’éducation, les acteurs présents à la rencontre ont proposé des solutions :
-  faire un suivi de proximité auprès des enseignants ;
-  améliorer l’environnement éducatif afin de ne pas donner d’opportunité aux enseignants paresseux de trouver des failles pour le gaspillage d’heure ;
-  procéder à des sensibilisations des enseignants sur les règles de la déontologie du métier d’enseignant.

2- Les faux frais dans les établissements
Les faux frais constituent des dépenses illégalement instituées par certains chefs d’établissement. Il est reconnu que, certes, pour faire face aux besoins des établissements, lorsque les fonds alloués par l’Etat sont en retard et/ou ne suffisent pas, les établissements mettent sur pied des cotisations parallèles ; mais certains chefs d’établissement profitent de cette situation pour augmenter les frais au grand dam des élèves et/ou de leurs parents. Ailleurs, on oblige tout élève en quête d’une inscription à fabriquer son table-banc. Certains chefs d’établissements instituent des corvées aux élèves sous forme de prestation de service et empochent les revenus. D’autres augmentent les frais d’inscription de leurs candidats aux examens. D’autres encore profitent de l’établissement des actes de naissance des élèves nécessiteux pour augmenter les frais des jugements supplétifs.

Ces faux frais peuvent, s’ils pèsent trop sur les parents de familles nombreuses, les amener à réduire le nombre d’enfants à scolariser, et le plus souvent, cela va en défaveur des filles. Au cas où, les dépenses sont à la charge de l’élève, celles-ci peuvent décourager ce dernier à continuer les études lorsqu’elles deviennent exorbitantes.

Pour mettre fin à tous ces actes, il a été proposé de :
-  verser à temps, les fonds alloués par l’Etat pour chaque établissement ;
-  augmenter ces fonds pour qu’ils soient suffisants aux besoins des établissements, de manière à ce que ceux-ci n’aient plus recours aux éventuelles cotisations de quelque manière que ce soit.

3- Les grands projets en cours dans le système éducatif togolais et les résultats
Nombreux sont les projets entrepris par l’Etat togolais dans le cadre de l’exécution du PSE, mais il n’a été ici question que des plus importants. Entre autres, il y a :
-  Le Projet éducation et renforcement institutionnel (PERI) qui a permis d’améliorer l’environnement éducatif togolais à travers la construction des infrastructures scolaires sur toute l’étendue du territoire togolais ;
-  La politique togolaise de la petite enfance, qui est un projet qui vient compléter un volet important que le PSE n’avait pas pris en compte ;
-  La réouverture des Ecoles normales d’instituteurs (ENI) et l’augmentation de leur nombre, permettant à l’Etat de s’assurer que l’enseignement donné est désormais fait par un personnel bien outillé ;
-  La suppression des frais de scolarité au cours primaire au Togo, une décision phare du gouvernement dans sa lutte pour l’universalisation de l’éducation.

Ces recommandations ont mis fin à la table ronde.

Fait à Lomé, le 29 octobre 2016
Le représentant du ROCARE-Togo
Halourou MAMAN

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