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Contribution de deux formateurs de l’ISSEG, récipiendaires du ROCARE 2008 et 2013, à la lutte contre la fièvre hémorragique à virus Ebola en Guinée

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Auteurs

Thierno Moussa DIAOUNE, Enseignant-Chercheur à l’Institut Supérieur des Sciences de l’Education de Guinée (ISSEG)
Master en "Analyse, Conception et Recherche dans le domaine de l’Ingénierie des Technologies en Education"
Tél : (+224) 628 42 08 90 / 669 64 1294/655 78 72 58
Email : tdiaoune_79@yahoo.fr ou tmdiaoune@isseg-gn.org.

Thierno Mamadou DIALLO, Enseignant-Chercheur à l’Institut Supérieur des Sciences de l’Education de Guinée (ISSEG)
Master en Sciences et Technologie de l’éducation
Tel : (+224) 621 21 48 85 / 655 69 78 93
Email : thiernokonet@yahoo.fr

1. Contexte
L’année 2014 a été marquée par l’apparition pour la première fois en Guinée de la fièvre hémorragique à virus Ebola, précisément à Macenta et Guéckédou, dans le sud du pays. Face à ce danger, deux formateurs de l’ISSEG, récipiendaires en 2008 et 2013 du programme des subventions pour la recherche, ont initié dans le cours d’« Apprentissage Scolaire » qu’ils donnent conjointement en licence2, un projet intitulé « CONCEPTION D’UN DISPOSITIF DE FORMATION ET DE SENSIBILISATION POUR LA LUTTE CONTRE LA FIÈVRE HÉMORRAGIQUE À VIRUS ÉBOLA EN GUINÉE ».

L’objectif visé à travers ce projet qui s’est déroulé de mai à juin 2014, était de faire en sorte que l’étudiant mette en œuvre les acquis du cours sur l’épidémie afin d’être capable de se protéger et d’aider sa communauté dans ce sens.

2. Approche méthodologique
Pour atteindre cet objectif, 87 groupes de cinq étudiants chacun ont été institués, soit un total de 435 étudiants, répartis entre les profils Maths-Physique, Physique-Chimie-Technologie, Biologie-Géologie-Chimie, Langue Française, Histoire-Géographie-Education Civique et Morale et en fin Philosophie-Economie. Le nombre réduit de coéquipiers a permis une participation effective
grâce à une distribution de fonctions, tâches et rôles. Les consignes de travail,
les modalités d’évaluation et les échéances ont été préalablement discutées avec
les étudiants. Au cours de la réalisation du projet, les étudiants ont bénéficié
de l’encadrement des formateurs en vue de garantir la qualité des productions.
A tour de rôle, les rapporteurs des groupes présentaient leurs productions au fur et à mesure de l’élaboration de celles-ci. A l’occasion, le travail présenté était critiqué, et le groupe avait ainsi la possibilité de l’amender en fonction des critiques constructives émises.

3. Présentation des productions et modalité d’évaluation
Au terme d’un mois de recherche qui correspondait par ailleurs au délai dont disposaient les étudiants, les présentations par groupe, ont été faites sur deux semaines. Chaque groupe a, pendant un quart d’heure, présenté son dispositif dans lequel il a défini les objectifs de formation et les modalités d’évalutation suivant la (ou les) approche (s) pédagogique (s) d’enseignement/apprentissage la (ou les) mieux adaptée (s) sur les modes de transmission et de non transmission du virus Ebola, sur les modes de prévention et de traitement, avant de faire des recommandations pour clore l’exposé. Les exposés étaient suivis de débats très enrichissants en enseignements et en anecdotes pour tout le monde. Des témoignages émouvants, des sketchs ont été partagés par certains groupes. En mémoire, nous avons la description de la contamination et de la mort du médecin chef de l’hôpital de N’Zérékoré et de quelques membres de sa famille dont sa maman. Les compétences acquises grâce aux projets ROCARE réalisés en 2008 sur le LMD et sur l’évaluation des apprentissages dans les ENI de Guinée en 2013, nous ont permis d’élaborer un dispositif d’évaluation et une formule de calcul de la moyenne de chaque participant. La surpondération de la note individuelle tenait délibérément à motiver les étudiants à s’impliquer effectivement dans l’effort collectif et à les responsabiliser devant leurs tâches. Pour éviter qu’ils ne s’attribuent des notes individuelles fantaisistes, deux garde-fous ont été édictés : un barème a été fixé et il a été exigé aux membres du groupe d’avoir des notes différentes. Cette dernière exigence nous permettait ainsi de comparer le niveau de participation ou de contribution de chacun des étudiants. L’exposé et la production du syllabus ont été respectivement notés à travers une grille d’observation et une grille d’appréciation élaborées à ces effets.

Sur un plan purement académique, il a été noté des faiblesses dans la communication et dans l’écrit des étudiants à l’exception de quelques groupes, minoritaires dans le lot. Il conviendrait à ce niveau de réfléchir de manière concertée avec l’ensemble des comités de programme pour trouver des stratégies au niveau de l’ISSEG afin de combler ces lacunes qui, on le sait, prennent leur source aux niveaux primaire et secondaire.

4. Quelques solutions pérennes
Par ailleurs, on peut comprendre aisément qu’avec 87 présentations, on soit vite devant une saturation de l’information sur l’épidémie à virus Ebola. Toutefois, la redondance a permis largement d’atteindre l’objectif lié à la sensibilisation à l’épidémie, au détriment même de l’objectif du cours qui s’en est trouvé dilué par la préoccupation sanitaire.

A l’issu de ce séminaire, les étudiants ont été bien outillés sur les précautions à prendre afin d’éviter la contamination par le respect strict des règles de prévention, comme :
• Eviter de manger la viande de brousse, en particulier celle des primates et de la chauve-souris ;
• Eviter tout contact avec une personne suspecte ou malade d’Ebola, de même qu’avec ses fluides corporels ;
• Signaler toutes personnes suspectes ou appeler le 115 en toute urgence en cas de proches ou voisins présentant des symptômes identiques ou proches de ceux de la fièvre à virus Ebola (forte fièvre, céphalées, diarrhée, vomissements, douleurs abdominales etc.) ;
• Désinfecter les domiciles des victimes et incinérer les objets et vêtements utilisés par eux de leur vivant ;
• Pour les personnes saines, se laver toujours les mains après les selles et avant de manger avec de l’eau contenant des désinfectants (eau de javel, chlore, …) ou du savon.

5. Conclusion
Face à la maladie à virus d’Ebola, le combat ne peut être laissé aux seuls professionnels de la santé. La victoire face à ce danger nécessite la contribution de toutes les couches socioprofessionnelles, en particulier les enseignants qui sont des acteurs sociaux de premier plan et qui ont, c’est banal de le mentionner, l’avantage de regrouper de nombreux fils et filles de notre nation sans le moindre coût financier. Dans le cours, mettant à profit nos expériences diverses, nous avons eu l’initiative d’intégrer un volet formation et sensibilisation à la maladie à virus Ebola.

L’approche utilisée se distingue par son côté socioconstructiviste. Ici, ce sont les étudiants qui, en équipes, ont activement collecté, traité et analysé des informations glanés sur Internet et trouvées dans des documents spécialisés et disponibles sur la place et auprès de personnes ressources, et les ont partagées par la suite avec les autres à travers des exposés enrichis de débats. En conséquence, nous estimons, au regard de la qualité des productions et des débats, que les objectifs, notamment celui lié à l’épidémie d’Ebola, sont atteints. Il est permis donc d’espérer que les 435 étudiants qui ont activement participé à ce travail vont, non seulement se prémunir contre la maladie mais aussi être pour les siens des sources de salut par rapport à cette menace nationale.

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